Je suis un(e) enfant

Les études s’entendent sur le fait que les enfants sont spectateurs de nos sociétés actuelles et seront acteurs de nos sociétés futures. C’est pourquoi il est important de mettre en place, dès à présent, les conditions nécessaires pour qu’ils grandissent dans un environnement harmonieux et favorable à leur épanouissement.

Elles reconnaissent donc l’importance d’intervenir en priorité auprès des enfants et de soutenir les initiatives visant à développer des mesures concrètes de prévention, notamment celle liée à la violence conjugale et familiale. La majorité des actions entreprises jusqu’à présent, concernaient les femmes qui en sont victimes et c’est seulement depuis quelques années qu’est apparue la préoccupation d’élaborer des stratégies adaptées pour les enfants exposés et témoins de ces actes de violences. C’est donc dans ce contexte que le Programme Enfants Témoins a vu le jour.

Il est important de signaler que cette notion d’exposition englobe plusieurs réalités :

  • L’enfant peut être un témoin oculaire de la violence subie par sa mère ;
  • L’enfant peut entendre des paroles ou des gestes violents alors qu’il se trouve à proximité ;
  • L’enfant peut vivre les conséquences de la violence sans qu’il ait vu ou entendu des scènes de violences (blessures, pleurs, récits de sa mère, ou encore intervention des policiers)

Comme l’ont souligné, Peled (1997), Eisikovits et ses collaborateurs (1998), l’exposition à la violence conjugale est une expérience complexe qui peut être vécue de 4 façons différentes :

  1. Les enfants vivent avec le secret. Les souvenirs d’événements violents sont scellés dans la mémoire de l’enfant et leurs conséquences perdurent dans la vie quotidienne.
  2. Les enfants vivent des conflits de loyauté. Ces enfants savent que la violence est présente dans leur famille, mais ils sont incapables de prendre position clairement pour l’un ou pour l’autre des deux parents.
  3. Les enfants vivent dans la crainte et la terreur, lorsqu’ils ont pris position pour l’un des parents et que le conflit de loyauté est présent.
  4. Les enfants vivent dans un contexte de domination et d’agressivité. Ils s’associent à l’abuseur en acceptant et en utilisant les mêmes comportements de violence et de contrôle dans leurs relations interpersonnelles.

Cela entraine une rupture au sein de la relation mère / enfant(s). En effet, les enfants appréhendent des émotions contradictoires (amour versus haine, attachement versus détachement, proximité versus rejet) à l’égard de l’un ou même des deux parents.

Les conséquences traumatiques, quant à elles, sont nombreuses et variées, tant par leur expression que par leur intensité. Elles sont étroitement liées à la durée d’exposition aux violences conjugales et familiales, à l’environnement social et familial (restreint ou élargi), à la personnalité et à l’âge de l’enfant.

De plus, les enfants témoins de violences sont enclins à présenter davantage de problèmes de santé allant du retard de croissance, aux allergies, aux troubles ORL, aux troubles dermatologiques, aux maux de tête, de ventre, aux troubles du sommeil et de l’alimentation. Ils sont également plus susceptibles à être victimes d’accidents (8 fois plus d’interventions chirurgicales). À cela s’ajoutent des troubles d’adaptation : angoisse de séparation, phobies scolaires,  difficultés d’apprentissage, troubles de concentration, mais aussi des troubles du comportement, irritabilité, hyperactivité (10 à 17 fois plus que des enfants qui ont grandi dans un foyer sans violence).

À l’occasion de la Journée Internationale des Enfants de 2017, la Maison organise un cocktail bénéfice dont le but est de sensibiliser le public au droit pour les enfants et adolescent-e-s exposés à la violence familiale, d’accéder à des ressources de soutien en français et de réunir des fonds, afin de  financer le programme Enfants Témoins.

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